
Le défi de la réduction de la faim nécessite une approche intégrée pour lutter contre les causes immédiates et sous-jacentes de l'insécurité alimentaire et nutritionnelle. En particulier, on constate un appel clair à l'action et la responsabilité pour accélérer le progrès mondial concernant l'insécurité alimentaire et la malnutrition chroniques. Le Rapport mondial sur la nutrition (2014) reconnaît qu'il existe beaucoup d'information disponible sur la nutrition, mais il souligne que cette information est trop fragmentée et qu'il y a des lacunes critiques à combler. De plus, le rapport sur L’État de l’insécurité alimentaire dans le monde 2014 souligne que l'on a tiré une leçon importante des expériences nationales : l'insécurité alimentaire et la malnutrition sont des problèmes complexes interconnectés qui ne peuvent être résolus par une partie prenante ou un secteur unique.
Dans ce contexte, la Commission européenne (CE) et la FAO travaillent ensemble pour aider à relever ces défis. L'initiative IPC, à travers la FAO, bénéficie grandement du soutien de la CE. Selon Gianpietro De Cao, fonctionnaire du Programme DG DEVCO, « l'IPC est le meilleur outil existant d'analyse de la sécurité alimentaire et nutritionnelle. C'est pourquoi la CE investit 10 millions d'euros dans son développement à travers le programme INFORMED, financé dans le cadre du programme thématique Biens publics mondiaux et défis qui les accompagnent ».
L'UE fait de la résilience un objectif central de l'aide au développement et humanitaire. « La construction de la résilience dans les communautés vulnérables sera favorisée par la lutte contre les causes profondes de l'insécurité alimentaire et la malnutrition. La CE concrétisera cet engagement à la fois dans les programmes géographiques et thématiques », dit M. De Cao. « En particulier, l'initiative Pro-resilience Action (PRO-ACT) est un composant essentiel du programme d'action annuel de la CE pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle et l'agriculture durable ». Cette initiative vise à lutter contre l'insécurité alimentaire dans les pays dans des situations d'après-crise et à soutenir les populations vulnérables afin qu'elles deviennent plus résilientes, en liant ainsi l'aide d'urgence, la réhabilitation et le développement.
Dans ce contexte, « l'exercice d'identification et de sélection des pays dans le besoin et d'allocation de fonds est annuel et séquentiel : il est fondé sur une analyse technique de la situation de la sécurité alimentaire, complétée par une évaluation de la capacité d'intervention de l'UE. Les critères sont : évaluation des besoins fondée sur des preuves, nature de la crise alimentaire et nutritionnelle, évaluation des capacités et complémentarités. L'évaluation des besoins fondée sur des preuves est conduite à travers le Cadre Harmonisé pour l'Afrique de l'Ouest et l'IPC pour le reste du monde. L'IPC jour par conséquent un rôle important dans les processus de décision de la DEVCO ».
D'après M. De Cao, l'un des principaux défis que doit relever le partenariat IPC est la mesure de l'efficacité des outils IPC en lien avec les changements des approches et interventions gouvernementales. « Alors que l'IPC a été initialement conçu pour orienter les interventions d'urgence, principalement menées depuis l'étranger, nous avons maintenant un outil plus complet qui pourrait aussi être utilisé pour l'élaboration de politiques ». Évoquant l'avenir, M. De Cao ajoute qu'« un outil qui permet une comparaison entre différentes analyses IPC nous aiderait pour différentes raisons : nous pourrions évaluer le développement de l'IPC, la manière dont il s'améliore graduellement, et, surtout, nous pourrions mettre au défi les gouvernements concernant les interventions. Si une zone est jugée vulnérable dans différentes analyses consécutives, alors il n'y a pas de raison de considérer qu'il s'agit d'une urgence et de continuer à compter sur l'aide extérieure. Cette zone doit devenir une priorité pour l'intervention gouvernementale. Dans ce sens, l'IPC pourrait devenir un outil de plaidoyer important. Ceci est encore plus valide pour la vulnérabilité chronique, par exemple dans les régions enclines à la sécheresse, comme le Sahel et la corne de l'Afrique».
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