Une « monnaie commune » pour classifier la Sécurité alimentaire:
Lancement du site web du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC)
21 Avril, 2008
Tant que les principales organisations humanitaires, les institutions des Nations Unies et les gouvernements des pays continueront d’utiliser différentes échelles pour classifier les crises alimentaires, la confusion subsistera pour classifier les situations selon leur gravité, et certaines crises émergentes pourraient ne pas être identifiées. En effet, dans un contexte mondial marqué par de nombreuses crises, il est très difficile de pouvoir déterminer quelles sont les crises les plus graves et où intervenir en premier lieu lorsque les ressources sont limitées.
L’objectif du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) est donc de servir de « monnaie commune » pour classifier les situations de sécurité alimentaire. L’utilisation d’une échelle commune, comparable entre les pays, facilitera la tâche des bailleurs de fonds, des organismes et des gouvernements au moment d’identifier les interventions prioritaires avant que la situation ne devienne catastrophique.
Le processus IPC peut se traduire par une intervention mieux coordonnée
L’IPC peut également se traduire par une meilleure coordination des interventions. En effet, le processus IPC implique la participation de représentants de toutes les grandes organisations concernées par la sécurité alimentaire, y compris le gouvernement national, qui, littéralement, s’assoient à la même table pour se mettre d’accord sur la situation et l’évolution de la sécurité alimentaire. Dans de nombreux pays, ceci constitue une instance unique pour travailler ensemble, ce qui peut logiquement se traduire par une meilleure coordination des efforts d'intervention. Qui plus est, les classifications sont basées sur des preuves minutieusement documentées et l’ensemble du processus est absolument transparent.
L’IPC s’appuie sur les Systèmes d’information existants
Il est un fait que les classifications IPC doivent être étayées par une quantité importante de données mais certains oublient parfois que l'IPC ne remplace pas les systèmes d'information ou de classification existants. Au contraire, il se base sur toutes les informations disponibles et applique une approche fondée sur la « convergence de preuves ». Il constitue donc un moyen de réunir et d'harmoniser des données et des informations provenant d'une multitude de sources.
Rôle des médias
Dans le monde réel, les professionnels des moyens de communication jouent un rôle bien plus important que les experts en sécurité alimentaire lorsqu'il s'agit d'attirer l'attention de l'opinion publique sur l'émergence de certaines situations de crise, dans l'espoir d'y parvenir avant que ne se produise le « moment catastrophique CNN » Il est donc essentiel de communiquer les résultats d'une manière parlante et facilement accessible au grand public. C'est dans ce but que sont élaborées les cartes IPC qui donnent, de façon très visuelle, une image très claire et évidente de la situation. Vues de plus près, les cartes contiennent néanmoins énormément d'informations : les données relative à l'alerte précoce, le nombre de personnes touchées, les principales causes de la gravité de la crise, etc.
Les Partenaires de l’IPC à l’échelon mondial
Il n’est donc pas surprenant que plusieurs partenaires majeurs se soient unis pour perfectionner l’IPC et aient commencé à l’appliquer dans un certain nombre de pays. Les Partenaires de l’IPC à l’échelon mondial sont:
- Care International;
- le Centre commun de recherche de la Commission Européenne (EC JRC);
- FEWS NET (Réseau du système d'alerte précoce contre la famine, financé par USAID);
- l’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO);
- Oxfam GB;
- le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM) et
Save the Children UK et US.
Financement
L’Union européenne, le gouvernement des Pays-Bas, l’Agence canadienne pour le développement international (ACDI), et le Département du développement international du Royaume-Uni (DFID) apportent un financement.
Les pays où sont menées des activités IPC
Elaboré à l’origine en Somalie par l’Unité d’analyse de la sécurité alimentaire (FSAU), des cartes IPC sont actuellement produites en Somalie, et au Kenya où l'IPC a été officiellement adopté par le gouvernement national. D’importantes activités associées à l’IPC ont été menées dans le Sud Soudan et au Burundi et des activités préliminaires ont été amorcées en République démocratique du Congo, en Ouganda et en Tanzanie. Des activités de formation et de sensibilisation à propos de l’IPC ainsi que des expériences pilotes ont également été réalisées en Afrique australe et en Asie. Les enseignements tirés de l’application de l’IPC dans différents pays permettront de perfectionner encore davantage le système.
Le site web IPC
Étant donné l’attention mondiale suscitée par l’IPC ainsi que son évolution rapide, il est devenu indispensable de concentrer toute l’information relative à l’IPC en un seul endroit où celle-ci est accessible et peut être échangée. C’est pourquoi les partenaires de l’IPC ont mis en place un nouveau site web:
www.ipcinfo.org.
Ce site présente les cartes IPC et les classifications de la sécurité alimentaire dans un grand nombre de pays, les analyses correspondantes, l’information relative aux ateliers de formation, les publications et les articles de presse, les actualisations du manuel technique IPC, etc. Un cours de formation à distance ainsi que le matériel pédagogique correspondant seront bientôt disponibles. Des supports interactifs, comme des forums, sont également prévus.