> L’IPC est-il techniquement trop complexe pour les décideurs?
> Quels sont les seuils utilisés dans la classification de l'IPC?
> Ne suffirait-il pas de surveiller les résultats en fonction des indicateurs de nutrition ?
> L’application de l’IPC est-elle spécifique à chaque pays ?
> L’IPC peut-il être appliqué dans des conditions nationales dans lesquelles il n'existe pas d'unité d'analyse et de collecte globale de données?
L'IPC est-il techniquement trop complexe pour les décideurs?
Les décideurs ont tous, sans exception, compris la portée de l'IPC et ses conséquences pour les interventions. L’IPC repose sur différentes couches d’analyses complexes mais l’analyse de la situation et les conséquences pour l’action sont présentées de manière simple. L’IPC est un instrument simple et effectif,
très visuel, qui permet aux analystes de la sécurité alimentaire de faire connaître leurs conclusions aux
décideurs, ainsi qu’aux
media et au
grand public.
Comment sont utilisés les seuils dans la classification de l'IPC?
L’approche globale de l’IPC n’est pas strictement basée sur des seuils et des données de référence (benchmarks) mais plutôt sur une «
convergence de preuves » (convergence de toutes les preuves disponibles par rapport aux indicateurs de résultats pertinents).
Chaque élément de preuve est référenciée par rapport à des indicateurs de bien-être humain et de moyens d’existence
reconnus au niveau international. Des seuils admis à l’échelle internationale pour ces indicateurs servent à les classifier, ensuite l’approche fondée sur la convergence des preuves permet de déterminer la façon dont les différents indicateurs convergent vers une même phase.
Il s’agit d’une approche pratique en raison de la nature dynamique et particulièrement complexe de la démarche de classification des situations humanitaires et de sécurité alimentaire, ainsi que du degré très variable de disponibilité des données.
Ne suffirait-il pas de surveiller les résultats en fonction des indicateurs de nutrition ?
L’IPC se base explicitement mais pas uniquement sur des indicateurs de nutrition. Ceci est particulièrement important d’un point de vue à la fois pratique (les données nutritionnelles ne sont pas toujours disponibles et requièrent une triangulation avec d’autres données relatives à la sécurité alimentaire) et conceptuel (la nutrition est généralement reconnue comme un indicateur tardif de l’insécurité alimentaire). L’IPC n’a pas seulement recours aux données relatives à la nutrition, mais aussi à des indicateurs qui permettent cette triangulation et rendent compte des premiers symptômes indiquant que la crise est imminente.
L'IPC peut-il être appliqué dans des contextes nationaux dans lesquelles il n'existe pas d'unité d'analyse et de collecte globale de données?
Oui. Pour la plupart, les pays dans le monde collectent régulièrement des données importantes qui sont utiles à l’IPC. En outre, il existe, dans les pays qui sont victimes de crises récurrentes, un grand nombre d’organismes des Nations Unies et des ONG qui mènent régulièrement des enquêtes et sont dotées de systèmes de suivi qui peuvent être utiles à l’IPC.
L’application de l’IPC est-elle spécifique à chaque pays ?
Non. Les concepts et les résultats de référence de l’IPC sont explicitement basés sur des normes acceptées à l’échelle internationale (par exemple, les standards Sphere) qui peuvent être appliqués dans n’importe quelle partie du globe. Toutefois, des contextes différents appellent une certaine flexibilité tandis que l’IPC fournit un cadre qui permet une rigueur et une comparabilité raisonnable.